Libération
Un nouveau pas dans la normalisation des difficiles relations entre la Turquie et l’Arménie. Des pourparlers menés avec la médiation
de la Suisse ont abouti à «une feuille de route» qui pourrait conduire, d’ici trois ou quatre mois, à la réouverture de la frontière entre les deux pays.
Washington s’est félicité de cet accord que le président Barack Obama, lors de sa visite en Turquie début avril, avait appelé de ses vœux.
Paris a également «chaleureusement» salué cette accélération du processus de normalisation.
Ankara avait fermé la frontière en 1993, par solidarité avec l’Azerbaïdjan, ex-république soviétique turcophone en conflit avec l’Arménie. Erevan soutient en effet les combattants du Haut-Karabakh, une enclave à majorité arménienne du territoire azéri. La Turquie n’entretient par ailleurs aucune relation diplomatique avec l’Arménie depuis son indépendance en 1991. Leurs rapports sont empoisonnés par la question du génocide des Arméniens en 1915 et 1916 -un million et demi de morts selon les Arméniens- que les Turcs refusent de reconnaître, évoquant 500 000 morts dans des massacres croisés.
la visite historique du président turc, Abdullah Gül, à Erevan, en septembre dernier, pour assister à un match de football, avait commencé à faire bouger les choses. Ce processus inquiéte Bakou, proche allié d’Ankara dont 20 % du territoire est toujours sous occupation arménienne
site Web du monde 23 04 09
La Turquie et l'Arménie, qui n'ont pas de relations diplomatiques, sont tombées d'accord sur une "feuille de route" en vue
d'une normalisation, au cours de discussions avec la médiation de la Suisse, a annoncé mercredi le ministère des affaires étrangères turc. Ces pourparlers ont abouti à "des progrès concrets
et à une compréhension mutuelle", est-il souligné dans un communiqué. La Turquie et l'Arménie "sont tombées d'accord sur un cadre global pour la normalisation de leurs relations
bilatérales d'une manière propre à satisfaire les deux parties. Une feuille de route a été déterminée dans ce contexte", ajoute-t-il. Les progrès obtenus "créent une perspective positive
pour le processus en cours", a poursuivi le ministère, sans fournir de détails sur le contenu de l'accord.
Ankara n'entretient pas de relations diplomatiques avec Erevan depuis l'indépendance de l'Arménie – naguère république soviétique – en 1991 en raison de divergences sur la question des massacres
d'Arméniens survenus dans l'Empire ottoman entre 1915 et 1917. Les massacres et déportations d'Arméniens ont fait plus d'un million et demi de morts selon les Arméniens, 300 000 à 500 000 selon
la Turquie qui récuse la notion de génocide reconnue notamment par la France, le Canada et le Parlement européen. Le communiqué turc de mercredi intervient peu avant la commémoration, le 24
avril, des victimes du génocide.
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